Lawrence Ferlinghetti

City Lights et la Beat Generation
(vidéos plus bas)


Voix proéminente du vaste mouvement poétique qui voit le jour dans les années 50, Lawrence Ferlinghetti est l’auteur de poèmes, traductions, œuvres de fiction, pièces de théâtre, critiques d’art, narrations cinématographiques et essais.
Sa poésie, souvent politique et sociale, s’oppose à la définition de l’élite littéraire quant à l’art et la place de l’artiste dans le monde. Bien qu’imprégnée de lieux communs, elle ne peut se réduire à de la protestation polémique ou personnelle, car elle repose sur son métier, ses thèmes et l’enracinement dans les traditions.
Ferlinghetti naît à Yonkers en 1919. Après ses années passées comme étudiant non-gradué à la University of North Carolina, à Chapel Hill, il incorpore lors de la deuxième guerre mondiale la US Navy en tant que commandant de navire, participe au débarquement en Normandie et arrive à Nagasaki quelques semaines seulement après que la bombe ait été lancée. Il obtient son Master’s degree à la Columbia University en 1947 et fait un doctorat à la Sorbonne en 1950. Entre 1951 et 1953, alors qu’il s’est installé à San Francisco, il enseigne le français à des adultes, peint et rédige des critiques d’art. En 1953 il ouvre avec Peter D. Martin la librairie City Lights, première librairie du pays à vendre tout livre relié. En 1955 il fonde la maison d’édition City Lights.
Depuis cinquante ans maintenant, la librairie sert de lieu de rencontre à des écrivains, artistes et intellectuels de la contre-culture américaine (Bob Dylan, John Giorno, Jack Kerouac, Allen Ginsberg y feront leurs armes). La maison d’édition City Lights débute avec la série Pocket Poets, premiers livres de poésie de poche, par laquelle Ferlinghetti vise à créer un ferment international et dissident. En 1956, la publication de Howl d’Allen Ginsberg lui vaut une arrestation pour obscénité, et le procès qui s’en suit met les projecteurs de la nation entière sur les écrivains de la San Francisco Renaissance et du mouvement Beat. (Ferlinghetti, grâce à un soutien majoritaire de la part de personnalités littéraires et académiques prestigieuses, sera acquitté). Ce cas sans précédents permet dorénavant d’éditer en toute légalité des œuvres controversées d’une portée sociale rédemptrice.
Chantre de l’action painting (la peinture en action) et du happening, ces dernières années ont également consacré Ferlinghetti en tant que peintre. Dans les années 60 et 70, le recueil de Ferlinghetti A Coney Island of the Mind a été le livre de poésie le plus populaire des États-Unis. Aujourd’hui, ce classique moderne a été traduit en neuf langues, et tiré à près de 1.000.000 d’exemplaires ! Ses livres les plus récents sont A Far Rockaway of the Heart (1997) et How to Paint Sunlight (2001), publiés par New Directions. Il a reçu de nombreux prix, parmi lesquels le Festival Award du L.A. Times, le BABRA Award for Lifetime Achievement, le National Book Critics Circle Ivan Sandrof Award for Contribution to American Arts and Letters et le ACLU’s Earl Warren Civil Liberties Award. Ferlinghetti a été nommé Poète Lauréat de San Francisco en Août 1998, les autorités lui ont également dédié une rue et fait du 2 octobre le City Lights Day. Ferlinghetti déclare utiliser son poste comme «chaire de singe» pour faire s’exprimer la «voix du peuple», rarement entendue. Sa rubrique «Poetry as News» (La poésie comme nouvelles) a figuré régulièrement dans le San Francisco Chronicle et se trouve sur le site web de City Lights.

Ce Samedi 5 avril 2008 sera enfin publié en français A Coney Island of the Mind & autres poèmes…
Un événement editorial! Traduit de l’anglais (USA) par Marianne Costa

Ci-dessous des vidéos de Lawrence Ferlinghetti!